mardi 28 septembre 2010

Fanny prend des vacances

«  Merde, j’ai encore oublié ça! » Voilà en gros le leitmotiv de mes vacances comme chaque année. Ma brosse à dent , mon masque et mon tuba, ma paire de moufle, ma culotte Hello Kitty préférée, ma tente deux secondes à deux balles et ah puis mes disques si précieux de Charles Trenet que j’embarque partout: tout y passe et plein d’autres choses encore dans les méandres de l‘oubli, de ma mémoire lascive et nuageuse.
Seulement cette année j’ai oublié quelque chose, ça j’en suis sûr mais quoi ?

« Ma brosse à dent est bien là, ma tente s’est montée toute seule…Je passe la main sous ma robe, ma culotte embrasse mes fesses qui écrasent mes Trenet . Je ne comprends pas. J’ai oublié un truc j’en suis certaine.

Passons pour le moment cette prise de tête estivale, j’ai quelque chose de bien plus important à faire.
Walking on the beach. Projet principal de mes vacances à Toulouse: Faire déguerpir cette peau de cul pâle au profit d’un léger teint halé et doré pour gagner quelques points au niveau du charme sulfureux qui m’habite déjà. Je ne suis qu’à deux minutes de la plage au camping mais comme toute flegme vacancière, je me tâte à prendre le volant pour m’y rendre. Il ne me faut pas plus de temps pour perdre mes clefs et décider de m’y rendre à pied.
Je retrouve mes amies étendues sur le sable chaud, je m’y pose avec la douce amertume d’avoir oublié ma serviette Donald qui, est resté en boule dans mon sac de couchage avec mon maillot de bain. Pas assez effrayant à mon goût pour passer sur VDM.COM (Vie.De.Merde) et de toute façon, je n’ai pas envie de me baigner, préférant lire un bon petit bouquin-poubelle à la Musso que ma copine vient juste de finir. Mes Verlaine sont restés à la maison: «  Il est bien ?
_ Je sais pas.
_ Comment ça ?
_ Je l’ai lu trop vite.
_ Mais…depuis quand l’as tu commencé ?
_ 20 minutes avant que tu arrives, j’ai même eu le temps de faire trempette, elle est très bonne. »



Impossible de me plonger avec fougue dans cette histoire d’amour aux allures de scénar à l’eau de rose pour W.C de camping. Le travail est pourtant bien mâché. «  Jack à tué Cindy à main nues. Il déposa l’arme du crime près du corps livide pour faire croire au suicide et s’enfuit discrètement. » Rien y fait.
Seule une chose taraude mon esprit, enfonce dans mon crâne comme une épine d’oursin cette question existentielle: Qu’ai-je donc oublié qui fait que mes vacances soient d‘avance gâchées?


Pas de maillot de bain, pas de serviette, un ramassis de feuilles tachées d’encre…ça aurait pu être pire me dis-je. Mes copines décident de se baigner et je me retrouve seule à garder leurs affaires.
Vous ne vous baignez pas? C’est la voix d’un homme qui retentit pardessus mon oreille. Non, j’en suis incapable pour le moment. C’est que…
_ je comprend répliqua t’il en s’asseyant à coté de moi avec un sourire si compréhensif et sympathique envers mes règles tardives que je me dit qu‘il ne comprenait rien.
Son corps parfaitement galbé et doré m’éblouit de jalousie et me portait à croire qu’il affectionnait les séances d’U.V option Bodybuilding, ce n‘était pas possible d‘être aussi bronzé. Nous avons discuté ensemble pendant de longues minutes de tout, de lui donc, surtout de rien.

lundi 17 mai 2010

Fanny et Paris

"Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, chez Fanny debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Fanny ! Fanny outragée ! Fanny brisée ! Fanny martyrisée! mais Fanny libérée ! libérée par elle-même."

Fanny a trouver un appartement sur Nation, rue de Lagny pour les groupies. (a vous de trouver le bon numéro). Indice: Installée en face de la rue Buzenval dite à l'allemande, de hauts arbres à feuilles claires, quelques clochards en costard et de minuscules voitures garées la décorent. On aperçoit de la fenêtre, en longeant des yeux la dite rue "bouzenvaleuh", un parc pour enfant et un terrain de foot.
Le teinturier du bas fait office de gardienne gracieusement et n'hésite jamais à dire bonjour.
Fanny n'a pas de nom de famille inscrit sur sa boite au lettres donc, le courrier n'arrive jamais ou juste de la publicité restauratrice. Avant de monter au deuxième étage, je prend juste les clefs qu'elle a laisser pour moi avant de partir au travail. Les escaliers en bois tout comme les lattes grossièrement posées il y a de ça une cinquantaine d'années grognent sous la pression mais à part ça, on entend pas mouche qui pète. Le seul voisin qui daigne montrer un signe de vie est un vieil arabe handicapée qui met le son du téléviseur à fond et qui grince des dents nerveusement lorsqu'il voit rentrer la jeune provençale.
Bon, pour les détails de l'appartement vous n'aurez qu'à venir voir. On me paye pour narrer pas pour guider, non mais c'est fini oui !
Le temps pour moi de laver sa vaisselle, aspirer les moutons de mégots sur le sol, aérer la pièce, repasser ses petites culottes,rajouter de l'eau propre dans le vase à œillets, claquer la porte et déposer les clefs dans la boite aux lettres.

SMS de Fanny/19H38: Merci pour le rangement bonniche, j'espère que les internautes ne t'ont pas trop gêner. à lundi prochain !

SMS de moi/19H43: C'était rien. Le voisin m'a encore invité chez lui pour boire le thé mais il s'est mis dans la tête de me toucher partout. j'aurais du me laisser faire, il n'est pas méchant, vraiment. Bonne semaine.

SMS de Fanny/ 23H54: JE T'AIME A EN CREVER

SMS de moi/ 00H01: T'es bourrée ?

Bip de Fanny/ 02H29: Bip !

SMS de Fanny/ 02H31: Bonniche, je suis dans le pétrin! La porte est fermée et le code d'entrée ne marche plus. Je ne sais plus si je m'en souvient réellement. Il faut la clef pour ouvrir mais elle est dans la boite aux lettres, à l'intérieur. J'ai froid et mal à la tête. Faut que je m'assoit, je suis chez Prosper. Fait trop noir ici.

SMS de Fanny/ 02H53: C'est cool chez Prosper! Rejoins-nous, je suis seule ! Il y a Momo, ton voisin arabe.

SMS de moi/ 02H54: C'est ton voisin et puis je dors en fait. Il doit bien avoir la clef du bâtiment, lui.

SMS de Fanny/ 03H00: Il me parle en arabe. C'est chou.

mardi 4 mai 2010

Fanny va en boite


Fanny est toute pimpante. Fanny s’est maquillée. Un peu les lèvres, une pointe sur les yeux. Fanny a les cheveux blond, long et ils sentent bon le shampoing à l’abricot. Fanny n’a pas mis sa jupe la plus courte mais la plus étincelante. Elle serait parfaite pour faire du vélo la nuit. Mais Fanny ne va pas faire du vélo. Elle sort en boite.
Une amie devait venir la chercher de Paris mais s’est désistée au dernier moment. Fanny reçoit le texto dans l‘ascenseur. Foutu ascenseur !
Il pleut des cordes à en pleurer. C’est le mois de Mars, les giboulées ça va passer se dit-elle. Fanny a repris l’ascenseur, pris un parapluie et redescendue dans ce foutu ascenseur qui sentait la gerbe soudainement. Dehors, des gamins courent en riant, parsemant par ci, par là, boules puantes et pétards mouillés.
Fanny manque de se claquer la cheville maintes fois en courant jusqu’à l’arrêt du bus bondé. Ses chaussures à talons lui lassèrent les pieds avant même d’avoir fouler la moindre piste de danse et le bus est bien sur, parti sans elle.
Il va maintenant falloir pour Fanny, agir avec finesse et rapidité à savoir éviter les gouttes de pluies déferlantes, les flaques d’eaux profondes et éclaboussantes, les conducteurs vicieux et rigolards pour atteindre sans encombres et sans flottes, la gare du RER.
Le narrateur pour ne pas dire narratrice passe les détails sur l’épopée diluvienne car tout de go il ou elle vous informe que Fanny n’est presque pas trempée alors à quoi bon en parler ? De plus, Fanny ne s’est pas faite draguer dans le RER ni agresser. Un vieil homme à cracher un mollard devant elle et le nuage parfumée qui jouait avec son ombre s’est évaporée au premières odeurs de l’habitacle.
Fanny retrouve ses amis devant la boite. Elles sont toutes pimpantes, toute maquillées, toutes joviales et séduisantes. Fanny l’ébouriffée sentit monter en elle un surplus sanguin qui prit le contrôle de son cerveau et un peu de son faciès, pour y ordonner à ses pieds de rebrousser chemin à toute vitesse. Ce qu’elle fit. Heureusement son sac-de-femme-trousse-de-secours-féminité ne lui fait jamais faux bond. Un petit coup de vaporisateur, un rétablissement capillaire, deux trois mouchoirs à la menthe, un petit poème en ose: "la rose ose et rase mes belles phrases. Elle les arrosent en petites doses mais pause! Voilà qu’elle me cause en prose, la rose." Histoire de garder son accent du Sud en changeant les «o« en «a-circonflexe« et le tour est jouer.
Fanny dit bonsoir, embrasse, demande si ça va, sourit, rit et dit: «Après, je pourrais dormir chez toi,? plus de RER après une heure!» et cette mascarade dure en fonction du nombre d’amis présents. La plupart lui disent tout penaud, que le premier est à 5h du matin et Fanny sourit, comme quand elle apprend quelque chose de vraiment nouveau.
La boite est, gratuite pour les filles, immense, bondée et musicalement dénuée d’intérêt ce qui va généralement de pair. Mais Fanny n’est pas là pour écouter, Fanny est là pour danser! Elle se faufile à travers la foule enjouée et se retrouve nez à nez avec le Grand Manitou de sa folle nuit, l’homme du swing, le Chef, le tourneur éclatant, le Grand Master Flash, le fils des Dieu j’ai nommé le DJ. Accompagnée de toutes ses copines, les hommes préférant s’accouder au bar, Fanny s’élance dans une frénésie de mouvements synchrones et périphériques en direction de son interlocuteur imaginaire. Le démon l’habite et le DJ la guide dans les tréfonds de la jouissance musicale.
Ses amies ne peuvent rien faire pour l’en empêcher et le pire qu’il puisse arriver arriva, lorsque jalouses, elles simulèrent l’orgasme aux premiers «shake your booty!» Trémoussant chaque parties de leur anatomie, des pieds aux tétons, des doigts aux sourcils. Tout cambrait, tout suintait, tout brulait, tout criait, qu’on vienne châtier ses âmes en peine !
Alors les hommes vinrent se frotter à elles, emprunt de machisme et d’after-shave. Ils empoignèrent leur gazelles respective et roulèrent des mécaniques de plus en plus efféminées avec le temps.
Un homme, d'une trentaines d'années vient jouer de ses charmes devant la belle héroïne. Elle le dévisage d'abord, ne comprenant pas que l'on vienne saborder son mirage masculin, le parfait compagnon dansant.
Feignant de s'en contrefiche, elle lui tourne le dos pour mieux l'appâter. Il n'a pas un charme fou mais sait l'utiliser, jouant de sourires en clin d'œil, il lui montre son appareil photo et veut son corps imprimé.
Ce type est d'une sournoiserie vicelarde se dit-elle, éructant un rire d'acceptation. Il est plaisant. Il la braque de tous les côtés, Fanny se laisse tirer doucement. Posant innocemment, de façon grivoise, Ladygagatement, amoureusement, joyeusement, elle oublie peu à peu cette âme qui s'évapore et ce corps qui se pixelise.
L'homme se sent attiré et ne prend plus personnes d'autres qu'elle, sa muse d'un soir. Il sera surement renvoyé le lendemain pour avoir viré en un Robert Doisneau du XXIème siècle au lieu d'immortaliser vulgairement de jeunes gens déjantées qui posent en boite comme Paris Hilton sortant de prison.
Après de longues heures de shooting et de rythmes endiablés, Fanny est lasse de la foule et s'en va derechef, au bras du photographe téléobjectif, photogénique et télescopique (l'appareil, pas le bras)qui semble dénué de négativité et, laissant pour mort sa bande d'amis débraillées, qui cuvent d'immondices et de chaleur entre deux bouteilles de champagnes. L'on notera qu'il est rare de ne pas retrouver Fanny dans ce même genre d'état: le nez dans le vomi et la tête dans les nuages. Mais que voulez-vous, héroïne n'est pas n'importe qui et pas n'importe quand.
L'homme invite Fanny à venir chez lui dans sa smart rouge où il ne cessera de la prendre en photo jusqu'au petit matin. Elle, s'endormira tendrement, esquissant quelquefois, ritournelles d'opérettes et autres enchainements désinhibés.

dimanche 25 avril 2010

Fanny rentre de soirée

Il est 5 heures, Paris s’éveille et moi je vais me coucher.
J’habite en banlieue à 20 minutes en voiture de la capitale , autant qu’en transport en commun. J’ai 20 ans, je suis blonde avec un accent du Sud qui, fait des ravages auprès des mecs quand je suis bourrée.
Et bourrée, c’est mon état de santé environ tout les samedis. Non pas que je sois une fêtarde à la Paris Hilton champagnisée mais, faire la fête m‘enlève une belle épine du pied le temps d‘une soirée parisienne entre amis. Pourquoi Paris ? Et pourquoi pas ?
Je pense qu’il faut toujours se tourner vers l’impossible, le contraire, le Tout. Paris est Tout. Bien sur, de grands voyageurs vous diront: « Ô! Quel pensée typiquement gauloise, chauvine et totalement égocentrique que l’idée de supériorité sous prétexte que l‘on habite à la capitale. » Je vous prie donc de bien vouloir prendre en compte le point de vue d’une jeune banlieusarde qui passe la plupart de son temps entre deux tours et qui peine à voir le soleil, belle métaphore aristotélicienne de la vérité.
Paris et ses immeubles haussmanniens; Paris et ses jeunes friqués-mais-non-ils-ne-sont-pas-vantards-juste-un-peu; Paris et ses taxis; Paris et ses rues de pavés; Paris et ses cafés jamais fermés; Paris illuminant la lune; Paris et la nuit interminable; Paris et son lever de soleil sur les quais de Seine; Paris et ses vendeurs à la sauvette; Paris et sa drogue douce.

On pourrait croire que j’en fais le commerce tellement mes passages en deviennent réguliers. Je ne suis quand même pas la marraine de la SHIT CONNECTION entre la banlieue et Paris comme le faisait la FRENCH entre Marseille et New York, et puis j’ai ma propre limite: Il faut pouvoir toujours se souvenir de son adresse. Je vous assure qu’un chauffeur de taxi en a rien à foutre de votre nom et de votre prénom tant que vous lui donnez pas une ville à trouver pour son GPS. D’ailleurs, je ne prend plus le taxi. D’abord, ça coûte bien trop cher et secundo, j’ai affinée ma technique. Mon accent est mon arme. Cette nuit, il ma bien servi. J’ai touchée dans le mille un beau brun un peu guindé qui n’a pas caché sa joie pour me ramener chez moi, histoire de faire plus ample connaissance. Manque de chance pour lui, ou pour moi. Je m’étais vulgairement torchée et n’ai réussie qu’à lui bégayer fébrilement le nom de ma ville avant de m’enlacer dans, non pas ses bras mais ceux de Morphée, qui me faisait du gringue depuis le cinquième pétard.







Me voilà en bas de mon immeuble, ma tour résidentielle enfin, je veux dire, Nous voilà. Il a garé sa smart sur l’emplacement gendarmerie et est descendu rapidement m’ouvrir la portière que je crus par galanterie au premier abord, sa maladresse m’attendrit mais je compris rapidement que tout n’était que précaution hygiénique. Je manquais en effet, de vomir tout ce que j’avais bu de la soirée sur son siège de cuir que je trouvais par ailleurs, de très mauvais goût pour une ridicule smart sans grand intérêt. Je voulu l’embrasser pour le remercier mais il s’esquiva finement en me sortant de la voiture digne d’une princesse qui avait la bouche pâteuse, les yeux dans le mascara et un jean taché. Il m’accompagna à monter les quelques marches qui menèrent jusqu’à la grande porte et me baisa la main. Je lui sourit toute confuse et alors qu’il se retourna pour partir, par un élan de je-ne-sais-quoi je ne lui vomit pas dessus, je ne l’embrassa pas, je lui demanda tout simplement son prénom. Il sursauta d’étonnement et répondit à contrecœur qu’à quoi bon si je ne m’en souvenais pas en me réveillant le lendemain matin. Je me rappelle lui avoir dit que son nom régnerait dans ma mémoire comme un grand seigneur machiavélique, le Don Juan insolent du théâtre qu’est ma vie. Au fait, j’ai fait du théâtre et il m’arrive souvent, à des moments de faiblesses de revoir mes vieux démons éloquents sortir de grandes tirades dramatiques dénuées de toute introversion.
Bien entendu, je ne pensait pas que j’allais oublier ce prénom et même pis son visage, au moment même où j’allais franchir cette porte vitrée.

Je suis dans le hall de l’immeuble. Les néons d’une blancheur aveuglante s’amourache de façon frénétique avec la pénombre en simulant l’ambiance d’un mauvais film de genre. Je ma fait prendre au jeu et me voit frémir d’une peur incontrôlée. Il n’y a personne, je le remarque après une fine observation de l’état du lieu, encore bien éméchée, tournant sur moi-même une bonne douzaine de fois. Je voulu rejeter tout mon estomac sur le carrelage bleu javel mais la peur du noir, de l’inconnu me tenait trop aux jambes pour m’étaler et cuver, alors je pris mon courage sur les épaules et frappa d’un coup sec, le bouton d’ascenseur.
Merde! La minuscule boîte en fer qui me relie d’ici à mon chez-moi tout douillet est stationné au 15e étage. Il met environ 2 minutes 50 quand personne ne le prend au passage et les néons s’éteignent au bout de 5 minutes. Il me reste le quart de luminosité. Je commence sérieusement à décuver. Ce n’est pas normal. Il est peut-être tard ou tôt, suivant le sens où l’ont prend la vie mais la violence ne se couche jamais car je commence à avoir peur.

Je me sens trop seule. Il aurait quand même pu m’accompagner jusqu’à chez moi, je lui aurait offert un verre de lait, je me serais endormie et il aurait claqué la porte en partant. Malheur à lui!
Pas un dealer à portée de vue, les placards transposant les compteurs électriques peinturlurés sommairement, sont vides.
Pas un dealeur qui touche à sa marchandise.
La porte coupe-feu peinte en gris cassé est fermé. Pas de bruit ni de cri ni de musique endiablée.
Pas un dealeur qui repeint les murs avec sa marchandise. Je pourrait bien prendre l’escalier mais mes jambes me font défauts terriblement. Je flippe et me demande si je n’en fait pas un peu trop, c’est peut-être ce que j’ai fumer qui me rend toute chose pour le moindre détail anormal. Et puis la plupart des dealeurs ne sont pas branché came, la plupart du temps.

J’entend dehors des cris. Ou c’est de la musique, enfin du mauvais rap quoi. Et cette foutue boîte qui n’arrive jamais. Les bruits se font plus proche. Sueurs froides, comme dans les films. Sans musique, c’est tout de suite plus sinistre. Un léger violon.
Je ne quitte plus la porte de l’ascenseur. Le doigt collé contre le bouton, les yeux rivés sur la poignée. Je n’ose plus regarder autour de moi. Je me sens vaciller, seconde partie du décuvage.

Je crois voir des ombres s’approcher ou seraient-ce un mirage qui obstrue mon esprit ? Le son grésillant dans mes oreilles devient rapidement un vacarme vrombissant.
Je me recroqueville sur moi-même et porte mes mains à mes oreilles. Mon ventre s’enflamme. Volcan d’Islande en éruption.
Un nuage de cendre faillit jaillir de mon estomac lorsque une sonnette furtive retentit. L’ascenseur est là. Je vais pour ouvrir la porte et, par la vitre je vois que des gens veulent sortir. Une masse informe ouvre la porte. Quatre hommes, le teint halé mais pâle. Excusez le jeu de mots mais, à 5 heures du matin et en costume de balayeur on a rarement la mine bronzée et le regard joyeux. Ils me tuèrent des yeux, aigris et jaloux de ma jeunesse, de ma futilité, de mon sexe libérée et sans pudeur aucune je présume. Je les comprend à vrai dire. J’étais l’incarnation même de la loque humaine que Coluche avait prédit humoristiquement envers notre génération. À quoi bon le nier. Enterrée au niveau des caves et des compartiments à poubelles, je me traina au fond de la boite en métal. Les hommes partirent en blasphémant des mots étrangers que je ne comprit que partiellement. Je me disais qu’à défaut de m’insulter, ils auraient du m’aider à atteindre le bouton du 12eme étage. Le temps pour mon psychisme d’exercer une forme nouvelle d’espace-temps à savoir, le ralenti.
Je crus voir mon bras s’élargir et le bouton rapetisser tellement le temps s’ennuyait à exécuter cette action.